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Crise de colère chez l'enfant
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Comment gérer les crises de colère chez l’enfant (sans perdre patience)

Les crises de colère font partie du développement émotionnel normal de l’enfant. Avant 6 ans, le cerveau de l’enfant n’est pas encore capable de gérer pleinement la frustration, la colère ou la déception. Lorsqu’une émotion devient trop intense, l’enfant ne sait pas encore la verbaliser : elle s’exprime alors par des pleurs, des cris ou parfois des gestes brusques.

Ces moments, bien que difficiles pour les parents, sont donc le signe que l’enfant apprend à comprendre et à apprivoiser ses émotions. Les crises ne sont ni des caprices ni une volonté de provoquer l’adulte, mais une réponse à un trop-plein émotionnel.

À quel âge apparaissent les crises de colère ?

Les crises de colère peuvent survenir dès la petite enfance, souvent autour de 18 mois à 2 ans, période connue sous le nom de « terrible two ». Elles peuvent se poursuivre, avec des formes différentes, jusqu’à l’âge de 5 ou 6 ans.

  • Avant 3 ans, l’enfant a peu de vocabulaire émotionnel.
  • Entre 3 et 5 ans, il comprend mieux ses émotions mais peine encore à les contrôler.
  • Après 6 ans, les crises diminuent généralement, à condition que l’enfant ait été accompagné émotionnellement.

Chaque enfant évolue à son rythme : certains traversent cette phase rapidement, d’autres ont besoin de plus de temps et de repères.

Quelles sont les causes fréquentes des crises de colère ?

Les crises peuvent être causé par de nombreux facteurs mais les plus courant sont :

La fatigue et le manque de sommeil

Un enfant fatigué est beaucoup plus vulnérable émotionnellement. Le moindre refus peut déclencher une crise intense lorsque le corps et le cerveau sont épuisés. Il est essentiel de respecter le nombre d’heures de sommeil en fonction de l’age de l’enfant.

La frustration

Ne pas obtenir ce qu’il souhaite, attendre son tour ou ne pas réussir une tâche sont des situations particulièrement frustrantes pour un enfant, surtout lorsqu’il n’a pas encore les outils pour y faire face.

Le besoin d’attention

Parfois, la crise est un moyen maladroit d’attirer l’attention de l’adulte, notamment lorsque l’enfant se sent mis de côté ou en concurrence avec un frère ou une sœur. Il faut essayer de prendre du recul pour analyser la situation et voir si un changement s’est produit dans la vie de votre enfant ces derniers temps.

Une émotion trop forte à gérer

Colère, tristesse, jalousie ou peur peuvent submerger l’enfant. La crise devient alors un exutoire émotionnel.

Comment réagir pendant une crise de colère ?

Ce n’est pas toujours facile et surtout, cela demande du temps et de l’entrainement pour apprendre à gérer une crise de colère.

Garder son calme (autant que possible)

La réaction du parent joue un rôle clé. Crier ou s’énerver ne fait qu’amplifier la crise. Un parent calme aide l’enfant à retrouver progressivement un état émotionnel stable.

Même si cela semble difficile, prendre une respiration profonde avant de répondre permet souvent de désamorcer la situation.

Mettre des mots sur l’émotion

Nommer l’émotion aide l’enfant à se sentir compris :

« Je vois que tu es très en colère parce que tu voulais continuer à jouer. »

Cette reconnaissance émotionnelle n’excuse pas le comportement, mais elle apaise l’enfant.

Poser un cadre clair et sécurisant

Comprendre l’émotion ne signifie pas tout accepter. Il est important de rappeler calmement les limites :

« Tu as le droit d’être en colère, mais tu n’as pas le droit de taper. »

Le cadre rassure l’enfant et l’aide à comprendre ce qui est acceptable ou non.

Laisser le temps à la crise de passer

Certaines crises doivent simplement suivre leur cours. Tant que l’enfant ne se met pas en danger, rester présent sans intervenir excessivement peut être la meilleure solution.

Les erreurs courantes à éviter

Certaines erreurs sont fatales car l’enfant retiendra qu’une crise provoque toujours la même réaction chez l’adulte.

Céder systématiquement

Céder pour faire cesser une crise peut renforcer ce comportement. L’enfant apprend alors que la colère est un moyen efficace d’obtenir ce qu’il veut.

Minimiser les émotions

Des phrases comme « ce n’est rien » ou « tu exagères » peuvent invalider le ressenti de l’enfant et aggraver la crise.

Punir à chaud

Une sanction immédiate, décidée sous l’émotion, est souvent contre-productive. L’enfant n’est pas en état de comprendre une punition en pleine crise.

Prévenir les crises de colère au quotidien

Mettre en place des routines

Des repères clairs (heures de repas, de sommeil, rituels du soir) réduisent considérablement l’insécurité émotionnelle et donc les crises.

Anticiper les moments difficiles

Prévenir l’enfant avant un changement ou une transition (« dans 5 minutes, on range ») l’aide à se préparer mentalement.

Apprendre à l’enfant à exprimer ses émotions

Encourager l’enfant à dire ce qu’il ressent, même maladroitement, est un apprentissage essentiel. Les livres, les jeux ou les discussions après une crise sont de précieux outils.

Que faire après la crise ?

Une fois l’enfant calmé, il est important de revenir sur ce qui s’est passé. Ce moment permet d’expliquer, de rassurer et de proposer des alternatives pour la prochaine fois :

« La prochaine fois que tu te sentiras en colère, tu peux me le dire ou aller t’isoler quelques minutes. »

Ce temps d’échange renforce le lien parent-enfant et aide l’enfant à progresser émotionnellement.

Quand faut-il s’inquiéter ?

Les crises de colère deviennent préoccupantes lorsqu’elles sont :

  • très fréquentes,
  • très violentes,
  • persistantes après 6 ou 7 ans,
  • accompagnées d’un isolement ou d’un mal-être important.

Dans ces cas, consulter un professionnel (pédiatre, psychologue, psychomotricien) peut aider à mieux comprendre et accompagner l’enfant.

Ce qu’il faut retenir

Les crises de colère chez l’enfant sont une étape normale du développement émotionnel. En tant que parent, l’objectif n’est pas de les supprimer à tout prix, mais d’accompagner l’enfant avec patience, empathie et fermeté. Chaque crise est une occasion d’apprentissage, autant pour l’enfant que pour le parent.

Avec du temps, de la cohérence et beaucoup de bienveillance, ces tempêtes émotionnelles deviennent progressivement plus rares et plus faciles à gérer.

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